Territoire et infrastructures

Résidences secondaires, cercle vicieux et Alpengraben

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Prise de position

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Le 11 mars, le destin des régions de montagne suisse est en jeu. Il risque de basculer vers la dépression et l’exode. En valorisant excessivement la protection du paysage au détriment des intérêts sociaux et économiques des populations indigènes, l’initiative amorcera un cercle vicieux aux conséquences graves pour ces dernières. Pour l’ensemble de la Suisse, l’affaiblissement de la moitié sud du pays accroit la pression sur la solidarité fédérale et ouvre un nouveau front contre la cohésion nationale.

Parce qu’il n’existe pas de définition juridique de la résidence secondaire, le texte de l’initiative crée de grandes incertitudes. Son titre s’adresse à la construction, mais son contenu ne s’y limite pas. Une interprétation stricte voudrait que le propriétaire d’une résidence secondaire ne puisse la revendre qu’à titre de logement principal. Si cela se confirmait, un choc important ébranlerait le marché immobilier, avec un probable effondrement des valeurs patrimoniales. Dans un canton comme le Valais, dont plus de 60% de la population est propriétaire de son logement principal, pareil développement engendrerait un séisme économique sans précédent. Tout dépendra de la traduction sous forme de loi et d’ordonnance de l’initiative.

Le cercle vicieux

Ce qui est certain en cas d’acceptation, c’est l’arrêt brutal de toute nouvelle construction au 1er janvier 2013. D’après des sondages réalisés auprès d’entreprises installées en moyenne montagne, elles devraient licencier entre un et deux tiers de leur personnel. Cette destruction d’emplois implique un sévère recul des rentrées fiscales pour les collectivités concernées. Elles devraient alors revoir à la baisse leurs services publics – comme la fermeture de classes par exemple – et leurs investissements – notamment dans l’embellissement et la revitalisation des villages. En perdant leur attractivité, ces communes peineront à contenir l’exode de leur population, qui affaiblira le potentiel économique de la région et causera la destruction de davantage d’emplois. Et le cercle se répète.

Alpengraben : le nouveau clivage suisse

L’immense majorité des communes dont la proportion de résidences secondaires dépasse les 20% se concentrent dans la moitié sud du pays. Le Valais, la Suisse centrale, le Tessin et les Grisons sont en première ligne de ce phénomène. Si le Nord décide de l’affaiblissement économique du Sud pour protéger son paysage, la mécanique de la péréquation se mettra automatiquement en marche pour le compenser. Cette question est toujours sensible aujourd’hui. La Suisse a tout à perdre de ces nouvelles pressions sur la solidarité confédérale.

En principe, que dire d’une initiative qui discrimine une poignée de cantons ? Le fédéralisme n’a pas été conçu pour que la majorité impose à minorité des règles excessives et centralisatrices.