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Initiative UDC : faux remède, vrai poison

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NON à l’initiative sur l’immigration de masse

L’initiative contre l’immigration de masse lancée par l’UDC veut complètement bouleverser la politique migratoire suisse. Elle promet une régulation de la population étrangère par la réintroduction des contingents sur le marché du travail. Ce retour en arrière ne règlera pas les problèmes engendrés par la croissance démographique. En revanche, il créera un monstre bureaucratique, privera les PME de main d’œuvre qualifiée et poussera la Suisse un peu plus dans l’isolement.

Faux remède à de sérieux problèmes

La Suisse est un pays attractif. Grace à des choix judicieux de politique économique et budgétaire, le chômage, l’inflation et la fiscalité sont globalement maitrisés. Les Suisses ne doivent qu’à eux-mêmes cette situation favorable en comparaison internationale. Un mix unique au monde de flexibilité, d’ouverture et de discipline permet au pays de soutenir une croissance économique et démographique, quantitative et qualitative.

Tout est loin d’être rose. L’immigration soutient certes la croissance, mais elle a aussi des effets négatifs. La croissance de la population aggrave les problèmes rencontrés dans les domaines du logement, de la mobilité ou encore de la sécurité. Ces angoisses sont toujours plus présentes dans le quotidien des collaborateurs des entreprises suisses. Ils subissent les hausses de loyer, la congestion des routes et des transports publics, et l’inexorable montée de l’insécurité.

La réintroduction de contingents comme le veux l’UDC sera-t-elle la solution universelle à tous ces problèmes ? On peut en douter. Une mesure qui réduit l’accès des entreprises au marché du travail n’aura que peu d’impact sur le logement, les transports ou la sécurité. Si on veut lutter efficacement contre les défauts de croissance, il faut des interventions ciblées. On fera pression à la baisse sur les loyers en favorisant la construction de nouveaux logements. On pourra soulager les transports par des investissements. On ramènera la tranquillité dans nos rues avec une police et une justice suffisamment dotées et véritablement dissuasives.

Avalanche bureaucratique, PME vulnérables

Les contingents ne sont pas nouveaux. Avant la libre circulation des personnes, ils étaient l’instrument principal pour réguler la population étrangère. Et en termes de régulation, leur bilan n’est pas bon. D’abord quantitativement : la plus grande vague d’immigration enregistrée en Suisse a eu lieu pendant les années 1960. Les contingents d’alors n’y ont rien fait. Ensuite qualitativement : les immigrés arrivés avant 2002 étaient surtout originaires de pays non membres de l’UE, culturellement éloignés et souvent faiblement qualifiés. Le risque était grand qu’ils dépendent de nos assurances sociales. Les effets de cette politique sont encore perceptibles aujourd’hui.

De ce point de vue, la libre circulation est un succès. Depuis 2002, les nouveaux immigrés sont majoritairement des Européens de l’ouest. 83% d’entre eux détiennent une formation professionnelle. 53% le diplôme d’une haute école. Culturellement plus proches, ils maitrisent déjà une langue nationale et s’intègrent plus facilement. Les entreprises suisses sont gagnantes dans ce système. Elles peuvent facilement recruter les profils recherchés qu’elles ne trouveraient pas si le marché du travail suisse était cloisonné.

L’initiative de l’UDC déclenche une avalanche bureaucratique. A l’avenir, chaque demande individuelle devra être examinée par l’administration. A la place des entreprises, l’Etat décidera qui est utile ou non sur le marché du travail. D’une part, il y a un problème de coût pour l’Etat, car il faudra mettre en place une vaste bureaucratie pour répondre à une énorme demande. Les deniers publics pourraient être mieux investis ailleurs. D’autre part, il y a un problème de tracasserie pour les entreprises : elles doivent réagir à la vitesse des marchés, mais devront recruter à la lenteur de l’administration.

Les PME seront les plus vulnérables. Contrairement aux grandes entreprises, elles n’ont pas forcément les ressources humaines pour absorber ces nouvelles exigences administratives. Dans la compétition sur le marché pour recruter le personnel qualifié, les PME valaisannes partiraient désavantagées !

Renégociations incertaines avec l’UE

L’initiative de l’UDC s’attaque à la libre circulation des personnes. Acceptée, elle obligerait l’Union européenne à dénoncer tous les accords bilatéraux I. Ce premier volet de traités avec nos voisins réglemente l’accès au marché intérieur européen. En l’an 2000, les Suisses les avaient largement approuvés en votation par 67.2%. Outre la libre circulation des personnes, les accords bilatéraux I prévoient des améliorations dans les domaines de la recherche, des transports terrestres et aériens, des produits agricoles et des obstacles techniques au commerce.

La dénonciation de ces traités internationaux détruirait un pilier important de notre prospérité. L’UE est le premier partenaire de la Suisse. Les accords bilatéraux nous donnent accès à un marché de 500 millions de consommateurs. L’économie suisse y écoule la moitié de sa production, soit tous les jours en moyenne 365 millions de francs de chiffre d’affaires. Depuis leur entrée en vigueur, les accords avec nos voisions ont créé 565’000 emplois dans notre pays.

Les partisans de l’initiative ont ajouté une contrainte en sus. Ils exigent du Conseil fédéral une renégociation des traités internationaux contraire à leur texte dans les trois ans. Ces délais sont très courts. Et la mission impossible. Le gouvernement suisse part dans une position de faiblesse. Il devrait entamer la discussion avec Bruxelles, avec dans son dos un mandat populaire complètement à l’opposé du projet européen. Nos diplomates seront acculés dans des positions intenables. On n’ose à peine imaginer l’ampleur des concessions qui seraient exigées par une UE en position de force.

Les contingents ne sont pas la panacée. D’ailleurs, ils n’ont pas fait leurs preuves dans le passé. Au contraire. La Suisse a besoin d’une politique migratoire dynamique et adaptée aux besoins de son économie. Les PME, qui en sont la colonne vertébrale, ne doivent pas être entrainées par une avalanche bureaucratique pénalisante. Faux remède à de sérieux problèmes, l’initiative de l’UDC n’est pas un médicament mais un vrai poison.