Communiqué de presse, Politique et société

Non à l’initiative AVS+ le 25 septembre

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Prise de position

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« Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras » »

 SION – L’augmentation de 10% de toutes les rentes AVS demandée par les syndicats creusera un gouffre dans les finances publiques au lieu de consolider une institution déjà en péril. En arrosant les rentes des plus pauvres comme celles des plus riches, l’initiative n’aide en rien les rentiers modestes ; au contraire, elle pourrait leur faire perdre l’accès aux prestations complémentaires. Face à l’évolution démographique qui fait peser de plus en plus de rentiers sur les épaules de moins en moins d’actifs, il faut réformer l’AVS structurellement, comme le propose le Parlement avec « Prévoyance 2020 » et ne pas faire payer le prix aux actifs et aux entreprises.

Creuser le déficit vs garantir les retraites

L’initiative AVS+, lancée par les syndicats, propose d’augmenter de manière générale les rentes AVS de 10%. Cette une perspective alléchante si on ne tient pas compte des coûts qu’une telle réforme va engendrer. En effet, en 2014 et pour la première fois, les caisses de l’AVS ont été déficitaires. Si AVS+ plus est acceptée, le peuple devra à la fois payer la réforme Berset, appelée « Prévoyance 2020 », et l’initiative AVS+, ce qui creuserait un gouffre de 19 milliards dans les finances publiques. C’est pourquoi il est impératif que ce soit le travail du Parlement qui déploie ses effets : avec « Prévoyance 2020 », l’âge de la retraite, basé pour tous à 65 ans, pourra être modulé, tandis que le taux de conversion du deuxième pilier sera abaissé de 6,8 à 6%. De plus, une compensation des différences salariales entre hommes et femmes sera introduite pour les retraitées. Afin de financer ces changements, la TVA sera augmentée de 1,5 point. Il est impératif de pérenniser le système de retraite, et non de continuer à creuser le trou, tel que le propose l’initiative des syndicats.

Garantir une AVS saine

L’histoire de l’AVS n’est pas un long fleuve tranquille : depuis son introduction en 1948, l’âge de la retraite a dû être réévalué plusieurs fois, tandis que la LPP a mis du temps à s’imposer pour renforcer les retraites. Aujourd’hui, nous faisons face à un nouveau défi : l’évolution démographique joue contre nous. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, les actifs devront cotiser de plus en plus pour subvenir aux besoins des retraités. C’est ce que nous montre la pyramide des âges : trop peu de jeunes pour un grand nombre d’aînés, d’autant plus qu’en 2030, la génération des babyboomers, nés après la guerre, arrivera à l’âge de la retraite. Au lieu d’un rentier pour six actifs comme en 1948, il faudra les efforts conjoints de deux actifs pour un retraité en 2030. En voulant augmenter de 10% toutes les rentes, on rendrait l’avenir de l’AVS pour les jeunes encore plus incertain.

Un cadeau empoisonné pour les rentiers modestes

Cette initiative est un leurre. Elle se dit en faveur des rentiers les plus démunis, mais elle augmente les rentes pour tout le monde, les riches comme les pauvres ! Elle ne fait donc que renforcer les inégalités. Elle met particulièrement en danger les bénéficiaires de prestations complémentaires, qui sont moins de 10% en Valais. Or, en augmentant les rentes, certaines personnes pourraient perdre leur accès à ces prestations complémentaires. Elle n’aide donc en rien les plus démunis. Sans compter que les prestations complémentaires ne sont pas soumises à l’impôt contrairement aux rentes AVS. Il faut également souligner l’impact négatif que cette initiative aurait sur les femmes : ce sont en effet ces dernières qui sont le plus dépendantes des prestations complémentaires, puisqu’elles se sont souvent consacrées à leurs familles et n’ont ainsi ni cotisé à la LPP ni pu épargner pour se bâtir un troisième pilier. L’initiative ne fait donc que renforcer leur situation précaire. Qui plus est, elle n’améliore pas la situation relative des femmes en les condamnant à recevoir des rentes inférieures à celles des hommes.

Qui va payer ?

Enfin, le grand inconvénient de cette initiative est qu’elle ne précise pas comment cette augmentation de 10% de toutes les rentes va être financée ! Or, la réponse coule de source : ce sont les actifs et les entreprises, les contribuables et les consommateurs, qui vont payer le coût de cette augmentation, qui se traduirait par une élévation des prélèvements salariaux. De nouveaux prélèvements salariaux augmenteraient encore les charges sur les entreprises et les rendraient moins compétitives. C’est la porte ouverte à la non-création d’emplois et aux licenciements. Majoritairement, ce seraient les emplois moins qualifiés et les jeunes qui pâtiraient de ce changement. Or, ce qu’oublient volontiers les partisans de l’initiative, c’est que ce ne sont pas les retraités qui sont le plus en danger de précarité, mais bien les jeunes célibataires et les familles monoparentales. L’initiative manque donc son but.

CP AVS plus NON