Politique et société, Prises de position

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Prise de position

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Dans notre publication outlook.eco en 2009, nous attirions l’attention sur le déficit de croissance de l’économie valaisanne. Notre canton déjà parmi les moins riches de Suisse est toujours plus distant de la moyenne nationale. A terme, cette évolution menace la prospérité économique et l’indépendance politique et financière du Valais. Nous nous réjouissons que ce message ait trouvé un écho dans les préoccupations de la conception stratégique cantonale de la politique régionale.

Nous contestons en revanche le lien entre faible performance économique et exposition importante au tourisme. D’une part, il n’y a rien d’inhérent à l’industrie touristique qui la rende moins productive. Comme l’immense majorité des secteurs économiques, il est sujet aux gains de productivité et aux économies d’échelles. D’autre part, la demande touristique mondiale affiche une tendance à l’expansion à des rythmes de croissance qui font l’envie d’autres industries. Enfin, l’exemple des Grisons montrent dans les faits que ce lien n’est pas une fatalité : alors que ce canton dépend davantage du tourisme et que son industrie manufacturière est plus faible qu’en Valais, il atteint un PIB par actif – i.e. l’efficacité de l’allocation des ressources en travail et en capital –supérieur d’un tiers à la performance valaisanne.

L’exemple du tourisme valaisan illustre que les effets de la politique économique générale et des politiques sectorielles particulières sont bien plus influents sur le rythme de croissance que les effets de redistribution de la politique régionale. Dans ce cas d’espèce, on citera sans être exhaustifs un régime d’aménagement du territoire qui privilégie la basse densité ; des règles fiscales en cas de succession qui incitent à la transformation d’hôtels en résidences secondaires ; ou encore une implication forte et parfois invasive des pouvoirs publics dans l’exploitation et la communication du secteur.

Enfin, nous soulignons l’importance des grandes industries dans la structure économique valaisanne. Elles fournissent une part considérable des places de travail ainsi que des impulsions importantes aux autres secteurs de l’économie, notamment la construction, le second œuvre et la sous-traitance. Malheureusement, leur environnement s’est rapidement dégradé : hausse du prix des matières premières et de l’énergie, appréciation du franc, augmentation des charges sociales, densification normative et bureaucratique, etc. Une attention particulière doit être portée à l’amélioration des conditions-cadres, sous peine de voir ces entreprises relocaliser à terme avec des conséquences catastrophiques pour l’ensemble de notre économie.

Des forces et des faiblesses

Dans l’analyse SWOT proposée, nous constatons quelques surévaluations de certaines forces. En particulier, le réseau routier est mal noté par le TCS et le réseau THT est incomplet. Aussi, d’après les données de l’Elcom, les tarifs de l’électricité pratiqués en Valais placent notre canton dans la moyenne, et non parmi les moins chers de Suisse.

Au niveau des faiblesses, les entreprises technologiques ressentent durement le manque de personnel très qualifié. Cette situation découle d’une part de la petite taille du marché du travail valaisan. D’autre part, il s’agit d’un effet précoce du retard grandissant de la croissance valaisanne. Notre économie aura toujours plus de peine à offrir des salaires attractifs pour cette catégorie de personnel particulièrement mobile.

Pour un sixième axe de développement

La taille de l’Etat valaisan (canton et communes) ne cesse de croitre. D’année en année, la part des dépenses des pouvoirs publics dans le PIB augmente. Cette éviction progressive du secteur privé est néfaste à la croissance. En effet, chaque franc pris aux ménages et aux entreprises n’est pas librement consommé ou investi. Cela réduit l’efficience de l’allocation des ressources, et explique en grande partie le ralentissement du PIB par actif valaisan.

L’Etat comme frein à l’allocation efficiente des ressources n’est pas une fatalité. La structure – territoriale comme politique – et le fonctionnement de l’Etat présentent un fort potentiel d’optimisation.

Nous plaidons pour une amélioration rapide de la productivité du secteur public. Comme dans le monde privé, il est parfaitement normal d’attendre de l’Etat de faire davantage et mieux avec moins. Cela doit se traduire par une amélioration permanente du service – en qualité et en quantité – ainsi qu’une réduction et une simplification des normes. Ainsi, nous suggérons de compléter la liste proposée avec cet axe.

Typologie des thèmes principaux

De manière générale et simplifiée, la force et la croissance d’une économie dépendent entre autre de

  • son degré de technologie et la diffusion de cette dernière dans les processus de production ;
  • la quantité et la qualité de ses actifs ;
  • la présence et l’accroissement de son stock de capital physique ;
  • la taille des marchés auxquels elle a accès et leur proximité ;
  • la qualité de ses institutions, qui doivent respecter les règles du libre marché et renforcer la propriété, la responsabilité, l’innovation et la collaboration entre les agents économiques.

Ainsi, nous reconnaissons les thèmes principaux proposés, qui résument l’essentiel des éléments précités, et sommes charmés par le choix fleuri des intitulés. Nous sommes en revanche moins sensibles aux subtiles nuances entre les mesures concrètes proposées. Par exemple, « dynamisme global de l’économie » est pour nous synonyme de croissance, tout comme « amélioration du PIB » et « création de valeur ajoutée ».

Mesures concrètes

En complément, nous plaidons pour quelques mesures concrètes qui nous paraissent les plus urgentes :

  • Amélioration de la productivité du secteur public. Il s’agit d’étudier comment l’Etat du Valais, ses communes et tout son bestiaire d’institutions intermédiaires peuvent fournir les mêmes services avec moins de moyens. Le Valais est régulièrement bien noté pour son administration. Il est nécessaire de construire sur cet avantage comparatif ;
  • Analyser les potentiels d’économie d’une réforme territoriale. Les découpages politiques et administratifs du Valais sont en décalage avec sa réalité économique et sociale. Une simplification spatiale des institutions héritées du 19ème siècle est urgente.
  • Renforcer le rapprochement entre les instituts de recherche et l’économie. Un grand nombre d’opportunités découlant de la recherche et du développement pourraient être exploitées par nos industries. Or, on constate une méconnaissance de la part de l’industrie des possibilités existantes en Valais.
  • Développer des services pour le personnel expatrié résidant en Valais. La présence d’étrangers hautement qualifiés est une chance pour la société valaisanne et son économie. Malheureusement, l’absence d’écoles internationales par exemple réduit l’attractivité de notre canton comme lieu de vie.